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Sensemaking pour managers : Comment diriger quand rien n'est clair

Dans un monde où le changement est la seule constante, les managers sont souvent plongés dans le brouillard. Le sensemaking offre une méthode éprouvée pour interpréter les signaux faibles, aligner les équipes et prendre des décisions éclairées en toute incertitude. Découvrez comment maîtriser cet art essentiel du leadership moderne.

Sensemaking : Comment créer de la clarté dans l'ambiguïté

Le quotidien des managers ressemble souvent à une traversée dans le brouillard. Les signaux se contredisent, les repères habituels se dérobent, et l’on attend pourtant des décisions fermes. Face à cette difficulté, une compétence fait la différence : le sensemaking pour managers, ou l’art de construire du sens quand rien n’est clair. Cette capacité, que certains appellent un véritable super-pouvoir, ne consiste pas à tout prévoir mais à donner une direction suffisante pour agir, même dans le flou. L’enjeu dépasse la simple tranquillité d’esprit : il s’agit de maintenir la mobilisation des équipes, de préserver la cohérence stratégique et d’éviter la paralysie. C’est un apprentissage qui transforme le manager en interprète de la complexité plutôt qu’en détenteur de certitudes.

La notion de sensemaking a été popularisée par Karl Weick dès la fin des années 1960, et sa pertinence n’a fait que croître. Dans un environnement marqué par la volatilité, l’incertitude, la complexité et l’ambiguïté (le fameux VUCA), savoir donner un sens aux situations mouvantes devient une condition de survie pour les organisations. Beaucoup de leaders se sentent démunis parce qu’ils croient devoir détenir les réponses. Or le vrai levier est ailleurs : il est dans la capacité à filtrer le bruit, à repérer des motifs et à créer juste assez de clarté pour l’action collective. Cette posture change tout. Elle invite à ne plus chercher la solution parfaite mais un récit plausible, partagé, qui permet d’avancer.

Le propos de cet article n’est pas de livrer une énième méthode miracle, mais d’explorer en profondeur comment le sensemaking s’incarne concrètement dans la vie des managers. Nous allons examiner ses fondements théoriques, les mécanismes qui le sous-tendent, et surtout les pratiques qui le rendent accessible. Il sera aussi question des concepts voisins de sensegiving et de sensebreaking, qui complètent la panoplie du dirigeant en quête d’alignement. Enfin, nous verrons comment cette approche renforce la résilience organisationnelle et pourquoi elle est particulièrement décisive en période de crise. Le tout sans jargon excessif, avec le souci de coller à l’expérience réelle de ceux qui dirigent.

Les clés pour diriger quand rien n'est clair

Concept clé Résumé
Sensemaking Processus par lequel les dirigeants façonnent une interprétation cohérente à partir de situations confuses pour catalyser l’action collective, en s’appuyant sur une plausibilité suffisante plutôt qu’une certitude absolue.
Rôle du manager Le manager moderne agit comme un architecte du sens : il décode la complexité et fournit un cap suffisamment clair pour sortir ses équipes de l’immobilisme face à l’incertitude, sans prétendre détenir toutes les réponses.
Contexte VUCA Dans un environnement volatil, incertain, complexe et ambigu, le sensemaking devient une compétence stratégique prioritaire pour préserver l’alignement opérationnel et maintenir l’engagement des collaborateurs.
Théorie de Weick Karl Weick a démontré que la cognition émerge rétrospectivement de l’action, selon le principe : « Comment puis-je savoir ce que je pense avant d’avoir entendu ce que je dis ? », ancrant le sens dans une dynamique d’expérimentation.
Construction sociale Plutôt que de traquer une vérité objective, le sensemaking élabore collectivement une réalité partagée, transformant la dispersion des signaux en une orientation commune qui stabilise l’organisation.
Réduction d’équivocité Confronté à des informations dissonantes, le sensemaking consiste à hiérarchiser, interpréter et enclencher l’action, dissolvant ainsi l’ambiguïté pour restaurer la capacité d’avancer sans analyse exhaustive préalable.
Sensegiving et Sensebreaking Indissociables du leadership, le sensegiving déploie une vision mobilisatrice tandis que le sensebreaking remet en cause les cadres obsolètes, ces deux mécanismes régulant le sens au sein des collectifs.
Résilience organisationnelle En période de crise, le sensemaking tisse un récit adaptatif crédible qui sert de colonne vertébrale au collectif, préservant la cohésion interne et la continuité de l’effort face aux turbulences.
Formation managériale Les cursus classiques, centrés sur la planification rationnelle, omettent largement le sensemaking, créant un déficit critique chez les managers confrontés à la réalité mouvante et désordonnée des organisations.
Outils pratiques Des grilles d’auto-évaluation, comme celle de Marie Unger, permettent aux dirigeants de mesurer leur capacité à naviguer dans le flou, offrant des leviers concrets pour renforcer leur agilité interprétative.

Le concept et l’impératif du sensemaking dans le leadership

Avant même d’envisager des outils, il faut comprendre de quoi l’on parle. Le sensemaking est le processus par lequel les individus et les équipes donnent du sens à leurs actions et à leur vécu, surtout quand ils sont confrontés à des situations ambiguës ou inédites. Il ne s’agit pas d’une simple analyse de données ni d’une recherche de vérité objective, mais plutôt d’une construction sociale de la réalité qui permet de passer de la confusion à une orientation partagée. Cette idée, centrale dans les travaux de Weick, a été reprise et approfondie dans des centaines de publications : une analyse bibliométrique couvrant trente-cinq années de recherche en management confirme que le concept reste un pilier pour comprendre l’organisation face à l’incertitude [5].

Dans la pratique, le sensemaking agit comme un réducteur d’équivocité. L’environnement envoie des signaux multiples, parfois contradictoires. Le réflexe classique consiste à vouloir tous les analyser pour en extraire une certitude ; le sensemaking, lui, part du principe que l’on n’aura jamais toutes les informations et que l’important est de sélectionner, d’interpréter et d’agir. C’est une boucle continue où l’action nourrit la compréhension. Weick a d’ailleurs cette formule étonnante : « Comment puis-je savoir ce que je pense tant que je n’ai pas vu ce que je dis ? » Elle illustre à merveille le caractère rétrospectif de la démarche : c’est souvent après avoir posé un acte ou verbalisé une hypothèse que le sens émerge.

L’impératif managérial du sensemaking tient à une réalité simple : les collaborateurs ne peuvent pas bien travailler sans une compréhension minimale de ce qui est attendu et de la direction prise. En l’absence de sens, l’anxiété monte, les efforts se dispersent, et les décisions deviennent erratiques. Or, les managers qui se contentent de transmettre des consignes sans les contextualiser abandonnent leurs équipes dans le brouillard. Michael Hudson, dans un article pour Forbes, parle même de « super-pouvoir » à propos du sensemaking, car il transforme l’espoir en élan et redonne de la prise sur l’incertain [6]. La métaphore est forte mais pas exagérée : dans une équipe, celui ou celle qui parvient à relier les événements épars dans un récit cohérent fait littéralement office de boussole humaine.

Pourquoi le sensemaking pour managers devient une compétence vitale

Longtemps, on a attendu des dirigeants qu’ils « sachent ». La représentation classique du chef omniscient a vécu. Aujourd’hui, un manager est jugé sur sa capacité à naviguer l’inconnu sans perdre ses moyens. La compétence de sensemaking pour managers est justement ce qui permet de ne pas se réfugier derrière des décisions précipitées ou des postures défensives. Elle s’évalue à l’aune de la faculté à poser des priorités réalistes, à reconnaître ce qui échappe à son contrôle et à transformer les signaux faibles en éléments de contexte exploitables. Un auto‑diagnostic proposé par Marie Unger, spécialiste du leadership en conditions VUCA, invite d’ailleurs les dirigeants à s’interroger sur leur aptitude à structurer l’ambiguïté [1]. Loin d’être un exercice théorique, cette checklist devient un outil d’introspection précieux pour ceux qui veulent progresser.

Le besoin est d’autant plus pressant que la plupart des managers n’ont pas été formés à cela. Les écoles de gestion et les formations au leadership mettent l’accent sur la planification, l’analyse rationnelle et la résolution de problèmes bien définis. Or, le réel ne se présente presque jamais sous cette forme. Quand un marché bascule, quand une réglementation change brutalement ou que des tensions sociales émergent, les modèles analytiques classiques se grippent. Le sensemaking comble ce vide en offrant une manière de penser adaptée au désordre : il ne promet pas de supprimer l’incertitude, il apprend aux individus à la rendre supportable et même productive.

Les fondements théoriques et l’évolution de la notion

La richesse du sensemaking tient aussi à son ancrage dans la théorie des organisations. Les travaux fondateurs de Weick, régulièrement ré

Synthèse du sensemaking en leadership

Définition du sensemaking
Le sensemaking, processus social de construction collective de signification, aide les équipes à transformer un contexte ambigu en une compréhension partagée qui oriente l'action.
Boucle action-compréhension
Le sensemaking n'exige pas une certitude préalable : il s'appuie sur une boucle itérative dans laquelle chaque action éclaire la compréhension, et le sens se construit de manière rétrospective.
Impératif managérial du sens
Faute de percevoir ne serait-ce qu'une direction, les collaborateurs ressentent de l'anxiété et dispersent leur énergie ; le sensemaking devient alors une condition pour canaliser l'effort collectif.
Compétence vitale pour managers
On attend d'un manager contemporain qu'il sache évoluer dans l'incertitude, convertir des signaux faibles en orientations opérationnelles et fixer des priorités réalistes en donnant du sens à la situation.
Lacune dans la formation classique
Là où les cursus classiques privilégient la planification linéaire et l'analyse rationnelle, le réel impose une intelligence du désordre que le sensemaking permet précisément de cultiver.

Frequently Asked Questions

Qu'est-ce que le sensemaking et pourquoi est-il devenu une compétence cruciale pour les managers confrontés à l'incertitude ?

Le sensemaking, littéralement « fabrication de sens », est un concept issu des travaux du psychologue organisationnel Karl Weick. Il désigne le processus continu par lequel les individus donnent un sens à leur environnement, en reliant des informations dispersées, ambigües ou contradictoires pour construire une compréhension partagée qui permet l'action. Pour un manager, il ne s'agit pas de découvrir une vérité préexistante, mais de créer activement un cadre interprétatif suffisamment solide pour, telle une communication stratégique comme boussole, guider son équipe.

Dans un monde caractérisé par la volatilité et la complexité, les modèles linéaires de décision fondés sur des prévisions stables deviennent obsolètes. Le sensemaking s'impose alors comme une compétence fondamentale car il permet de naviguer sans visibilité. Il transforme l'anxiété paralysante face à l'inconnu en une démarche structurée d'exploration.

Plutôt que d'attendre une clarté illusoire, le manager qui maîtrise cette approche accepte l'ambiguïté comme une matière première et aide son équipe à formuler des hypothèses provisoires, à tester des micro-actions et à ajuster constamment la lecture de la situation. Cette capacité est devenue cruciale car la fréquence des ruptures et des situations inédites rend caduque la simple application des procédures passées. Le sensemaking est donc l'antidote au blocage décisionnel et le fondement d'une agilité réelle : il fournit une boussole intérimaire quand la carte n'existe plus, redonnant aux collaborateurs un sentiment de direction et de prise sur les événements.

Concrètement, comment un manager peut-il intégrer des pratiques de sensemaking dans la conduite quotidienne de son équipe ?

Intégrer le sensemaking au quotidien ne requiert pas de bouleverser les rituels managériaux, mais de les infléchir subtilement pour en faire des espaces de construction collective du sens. La première pratique consiste à remplacer les points de synchronisation purement informatifs par des sessions de délibération où les données brutes sont mises en perspective. Le manager pose des questions ouvertes telles que « Qu'est-ce qui vous surprend en ce moment ?

» ou « Quelle histoire différente ces chiffres pourraient-ils raconter ? » pour inviter l'équipe à interpréter plutôt qu'à simplement rapporter. Une deuxième habitude clé est la narration provisoire, essentielle dans toute communication interne.

Face à un projet ambigu, le manager encourage la formulation d'un récit simple, même imparfait, qui explique ce qui se passe, pourquoi c'est important et ce qui pourrait advenir. Ce récit est explicitement présenté comme une hypothèse à réviser, non comme un plan figé, ce qui réduit la peur de se tromper. Troisièmement, il faut institutionnaliser la pause réflexive.

Après une action ou une décision rapide, prendre quelques minutes pour se demander « Qu'avons-nous appris ? Comment notre compréhension a-t-elle évolué ? » ancre une posture d'apprentissage.

Enfin, le manager peut utiliser des supports visuels simples, comme des cartes mentales ou des frises chronologiques annotées sur un tableau blanc, pour externaliser la pensée collective et rendre visible l'émergence du sens. L'essentiel est de signaler en permanence que la construction de sens est un travail légitime et partagé, et non une perte de temps ou une digression, afin d'en faire un réflexe d'équipe face à toute situation trouble.

Quels sont les principaux pièges dans lesquels un manager risque de tomber en cherchant à créer du sens dans un contexte chargé d'ambiguïté ?

La pratique du sensemaking est exigeante et plusieurs biais peuvent la détourner de son but. Le piège le plus courant est la tentation de la clôture précipitée. Sous la pression de l'urgence, le manager peut imposer trop vite, sans une sécurité psychologique suffisante, une interprétation unique et rassurante, étouffant les signaux faibles qui la contrediraient.

Ce raccourci procure un soulagement immédiat mais produit un sens fragile, car déconnecté de la complexité réelle. Un autre écueil consiste à confondre le sensemaking avec une simple collecte d'opinions. Animer un dialogue ne signifie pas valider toutes les interprétations comme équivalentes.

Le manager doit, avec discernement, challenger les évidences du groupe et injecter une diversité cognitive, faute de quoi la construction de sens vire au consensus mou qui ne prépare pas à l'action. Le troisième piège est celui de l'analyse paralysante, où l'on cherche à comprendre toujours plus avant d'agir. Le sensemaking authentique suppose une interaction constante entre la pensée et l'action.

Agir est un moyen de sonder la réalité et de générer de nouvelles données. Repousser sans cesse la décision au nom d'une compréhension parfaite est une illusion qui mène à l'immobilisme. Enfin, le piège du discours désincarné guette le manager qui produit un récit brillant en chambre, sans l'incarner concrètement dans des rituels, des symboles et des décisions.

Si les actes contredisent le sens proclamé, la crédibilité s'effondre. La vigilance face à ces quatre dérives est essentielle pour que le sensemaking reste un processus rigoureux et incarné.

Le sensemaking signifie-t-il qu'il faut abandonner toute forme de planification stratégique pour diriger dans l'incertitude ?

Non, le sensemaking ne constitue pas une alternative à la planification stratégique, mais il en redéfinit profondément la nature et le rôle. Dans un environnement stable, la planification classique vise à prédire et à contrôler, en décomposant un objectif lointain en séquences d'actions ordonnées. Face à un brouillard persistant, une telle approche devient rapidement un exercice de fiction coûteux et rigide.

Le sensemaking n'abolit pas le besoin de se projeter, il déplace l'accent de la planification vers la préparation. Un bon plan n'est plus un itinéraire figé, mais un dispositif d'apprentissage, comme l'explique notre guide pratique du manager. Il intègre des hypothèses explicites sur l'évolution du contexte et définit des mécanismes de déclenchement pour les réviser.

Le manager utilise le cadre stratégique non comme un carcan, mais comme un canevas initial autour duquel le sens va se tisser au fil de l'expérience. Ainsi, la stratégie devient un dialogue permanent entre les intentions directrices et les interprétations du réel. Cela exige de concevoir des plans plus modulaires, avec des options ouvertes et des marges de manœuvre préservées.

La planification financière et opérationnelle reste nécessaire pour allouer les ressources, mais elle est assujettie à ce processus cognitif supérieur qu'est le sensemaking collectif. En définitive, il s'agit de passer d'une logique de conduit unique à celle d'un phare. La planification stratégique, éclairée par le sensemaking, indique une direction générale et une intention, tout en laissant l'équipage libre d'ajuster sa route en fonction des courants et des obstacles rencontrés, rendant l'organisation résolument pilotable là où elle serait autrement ingouvernable.

References

  1. The sense-maker checklist: a leadership self-assessment for VUCA conditions
    Author: Marie Unger
    Publisher: Emergenetics
    URL: https://ja.emergenetics.com/blog/apac-blog/are-your-leaders...
  2. Coping with Problems of Understanding in Interorganizational Relationships: Using Formalization as a Means to Make Sense
    Author: Paul W.L. Vlaar, Frans A.J. Van den Bosch, Henk W. Volberda
    Publisher: Organization Studies, SAGE Publications
    URL: https://journals.sagepub.com/doi/epdf/10.1177/0170840606068338
  3. Credible Leaders Walk the Talk: An Updated Leadership Framework
    Author: Deborah Ancona
    Publisher: MIT Sloan Executive Education
    URL: https://executive.mit.edu/credible-leaders-walk-the-talk-an...
  4. Sensemaking View on Servant Leadership in Crisis Discourse
    Author: Heini Kesti, Ville Pietiläinen
    Publisher: Proceedings of the 20th European Conference on Management, Leadership and Governance, Academic Conferences International Limited
    URL: https://research.ulapland.fi/en/publications/sensemaking-vi...
  5. Thirty-five years of sensemaking in the business & management research: a bibliometric analysis, review and discussion
    Author: Gary Eckstein
    Publisher: Management Review Quarterly, Springer
    URL: https://link.springer.com/article/10.1007/s11301-024-00458-5
  6. Sensemaking: A Leadership Superpower That Creates Hope In Uncertainty
    Author: Michael Hudson
    Publisher: Forbes
    URL: https://www.forbes.com/sites/michaelhudson/2025/07/24/sense...
  7. Sensemaking Theory
    Author: Joshua M. Bentley
    Publisher: The SAGE Encyclopedia of Corporate Reputation, SAGE Publishing
    URL: https://sk.sagepub.com/ency/edvol/embed/the-sage-encycloped...
  8. Elevated Sensemaking: Leadership Development for a Transformation
    Author: Sheila Boysen-Rotelli
    Publisher: Taylor & Francis
    URL: https://www.taylorfrancis.com/chapters/mono/10.4324/9781003...
  9. Crisis Leadership, Organizational Sensemaking, and Organizational Resilience: The Moderating Effect of Environmental Turbulence
    Author: Rui Yang
    Publisher: SAGE Publications
    URL: https://sage.cnpereading.com/doi/10.1177/21582440251389335
  10. Sensemaking in Strategy as Practice: From a Phenomenon towards a Theory?
    Author: Damon Golsorkhi, Linda Rouleau, David Seidl, Eero Vaara
    Publisher: Cambridge University Press & Assessment
    URL: https://www.cambridge.org/core/books/abs/cambridge-handbook...
  11. Sensemaking: A Leadership Superpower by Michael Hudson
    Author: Dr. Nicole Radziwill
    Publisher: LinkedIn
    URL: https://www.linkedin.com/posts/nicoleradziwill_leadership-a...
  12. Of Organizing and Sensemaking: From Action to Meaning and Back Again in a Half-Century of Weick's Theorizing
    Author: Mary Ann Glynn, Lee Watkiss
    Publisher: Journal of Management Studies, Wiley Online Library
    URL: https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/joms.12613
  13. A sensemaking approach to strategy making: The role of the leader in times of ambiguity
    Author: Liam Fahey, Hubert Saint Onge
    Publisher: ScienceDirect
    URL: https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0090...
  14. Crisis Leadership Competencies
    Author: Annual Reviews
    Publisher: Annual Reviews
    URL: https://www.annualreviews.org/content/table/10.1146/annurev...
  15. Sensemaking, sensegiving and sensebreaking
    Author: Marco Giuliani
    Publisher: ScienceDirect
    URL: https://www.sciencedirect.com/org/science/article/abs/pii/S...
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